Préserver la qualité de vie du patient grâce à des gestes clés

Le chiffre est implacable : chaque année, la mauvaise prise en compte des besoins fondamentaux du patient multiplie les situations d’inconfort, d’angoisse et, parfois, de perte de sens dans le parcours de soins. Pourtant, derrière les protocoles et les listes officielles se joue bien plus qu’une simple routine hospitalière. Ce sont des destins, des moments charnières, qui se décident à travers l’attention, ou l’absence d’attention, portée à la qualité de vie des personnes hospitalisées.

La réalité de la bientraitance varie d’une équipe soignante à l’autre, ce qui crée parfois des écarts frappants dans le confort ressenti par les patients. Les méthodes choisies pour répondre à ces besoins, notamment dans les situations de fin de vie, deviennent alors un axe déterminant pour préserver la qualité de vie en milieu hospitalier.

Comprendre les 14 besoins fondamentaux de Virginia Henderson : une approche globale du confort du patient

Le modèle des 14 besoins fondamentaux élaboré par Virginia Henderson s’est imposé comme une référence dans la pratique infirmière en France. Cette grille, apprise sur les bancs de l’école comme sur le terrain, pousse à regarder chaque personne soignée comme un tout, bien au-delà des seuls paramètres médicaux. Ici, prendre soin veut dire bien plus que surveiller une tension ou une température : le soin s’ajuste, s’humanise, se tisse jour après jour autour du vécu et des ressources de chacun.

La palette des besoins fondamentaux est large : l’autonomie pour l’alimentation, la gestion de la douleur, l’élimination, la mobilisation, la capacité à se vêtir. À cela s’ajoutent le repos, la communication, la sociabilité et la dimension spirituelle. D’autres aspects, tels que la sécurité ou le maintien d’une température corporelle stable, prennent un relief particulier dès que la maladie chronique ou l’urgence s’invitent dans le quotidien.

Pour mieux cerner cette approche, voici les différents besoins fondamentaux recensés par Virginia Henderson, autant de facettes de la vie humaine à préserver :

  • Respirer
  • Boire et manger
  • Éliminer
  • Se mouvoir et maintenir une bonne posture
  • Dormir et se reposer
  • Se vêtir et se dévêtir
  • Maintenir la température du corps
  • Être propre, protéger ses téguments
  • Éviter les dangers
  • Communiquer
  • Agir selon ses croyances et valeurs
  • S’occuper en vue de se réaliser
  • Se recréer
  • Apprendre

Ce cadre global du diagnostic infirmier va bien au-delà du maintien des fonctions vitales : il s’agit de permettre à chaque personne de retrouver ou de préserver son autonomie et sa qualité de vie. Les soignants s’appuient sur ces repères pour réévaluer constamment l’état du patient, ajuster les soins, prévenir les fragilités là où la maladie ou la dépendance bouleversent le quotidien. Cette vision du soin donne une place centrale à l’histoire de vie, aux choix individuels et à l’environnement de chacun.

Comment les soignants intègrent-ils ces besoins dans la relation avec le patient ?

Pour répondre à ces besoins, la relation soignant-patient se construit sur l’écoute et une attention permanente. Dès les premiers échanges, l’infirmier ou l’infirmière repère le niveau d’autonomie du patient, ses envies, ses inquiétudes. Il ne s’agit pas uniquement d’un examen clinique : tout compte, des mots échangés à la dynamique familiale, en passant par les habitudes de vie. L’objectif : moduler les soins, anticiper, éviter que le patient ne se retrouve seul face à un besoin tu.

Dans le quotidien des services, chaque membre de l’équipe joue une partition précise : l’infirmier détecte la moindre difficulté à se déplacer, une perte d’appétit, un signe de fatigue. L’aide-soignant veille à la propreté et au confort. L’ergothérapeute ou le kinésithérapeute ajuste les gestes pour soutenir l’indépendance. Lors des réunions de concertation, la complémentarité des métiers éclaire les besoins sous des angles différents, apportant une richesse à la prise en charge globale.

Le respect de la dignité guide chaque intervention : qu’il s’agisse d’une intervention technique, d’une toilette, du choix d’un vêtement ou de l’accompagnement de la sexualité et de la douleur. Prendre soin, c’est préserver l’intimité, encourager l’expression des souhaits et des préférences, donner de la place aux proches. Un équilibre subtil entre présence et discrétion, pour garantir le bien-être et le confort de vie du patient.

Bientraitance et respect de la dignité : des principes essentiels pour préserver la qualité de vie

S’attacher à la qualité de vie, c’est mettre la bientraitance et la dignité au centre de chaque geste, chaque parole, chaque silence. Que ce soit à l’hôpital, à domicile ou en établissement médico-social, ces principes s’incarnent dans les pratiques quotidiennes. L’OMS rappelle que la qualité de vie ne se limite pas à la santé physique : elle englobe aussi l’équilibre psychologique, les relations sociales, le cadre de vie.

Les établissements de santé s’organisent avec des protocoles précis : accueil individualisé, information claire, prise en compte du mode de vie, soutien aux familles. Les équipes s’efforcent de favoriser l’indépendance du patient, de respecter ses choix et d’encourager l’expression de ses préférences, même dans les phases les plus avancées de la maladie. Les proches, parfois épaulés par des associations ou des bénévoles, trouvent leur place dans cette dynamique, renforçant le sentiment de sécurité et d’appartenance.

Voici quelques exemples concrets de cette attention de tous les instants :

  • Respect de la confidentialité dans les soins et les échanges
  • Possibilité d’adapter l’environnement pour préserver l’intimité
  • Accompagnement régulier pour anticiper une perte d’autonomie et mettre en place des solutions adaptées

La bientraitance se manifeste dans les gestes : adapter le rythme des soins, pratiquer l’écoute active, repérer les signes de vulnérabilité. Les soignants, formés à la communication empathique, désamorcent les tensions, maintiennent le lien social, même lorsque la maladie isole. Cette synergie entre professionnels, proches et bénévoles protège le confort et la qualité de vie au fil du parcours de soins.

Stratégies concrètes pour améliorer le confort des patients, notamment en fin de vie

Accompagner en soins palliatifs impose une prise en charge globale : rien n’est secondaire. Les recommandations de l’INCa et de l’AFSOS insistent sur la pluridisciplinarité : médecins, infirmiers, aides-soignants, psychologues, diététiciens, kinésithérapeutes, assistants sociaux… Tous participent à l’élaboration d’un projet sur-mesure, qui s’ajuste au fil des besoins du patient et de ses proches.

L’équipe mobile de soins palliatifs s’affirme comme un pilier, que ce soit à l’hôpital, en unité dédiée, à domicile ou sur un lit identifié. Elle intervient pour adapter la gestion de la douleur, ajuster les traitements, surveiller la température corporelle ou prévenir les escarres, tout en respectant le rythme et les souhaits de la personne. En parallèle, la prise en charge diététique et nutritionnelle permet de limiter la dénutrition et de soutenir l’autonomie, même dans les moments les plus fragiles.

Différents leviers sont mobilisés pour soutenir le patient et ses proches :

  • Soutien psychologique et accompagnement social pour anticiper les périodes de vulnérabilité
  • Activité physique adaptée, même minime, pour entretenir la mobilité et alléger l’anxiété ou la dépression
  • Soins esthétiques et, selon les besoins, mesures pour préserver la fertilité, afin de maintenir l’estime de soi et la qualité de vie

La collaboration entre professionnels est déterminante pour garantir la continuité : prise en charge des troubles de la sexualité, rééducation fonctionnelle, accompagnement des proches aidants… Les dispositifs d’appui à la coordination fluidifient le parcours de soins, limitent les ruptures, rassurent les familles face à la maladie grave ou à la fin de vie.

Au cœur de la fragilité, chaque détail pèse. La qualité de vie d’un patient ne se résume jamais à une succession de protocoles, mais se construit dans la cohérence d’une attention partagée et d’un accompagnement qui ne laisse aucune place à l’oubli. Préserver le confort devient alors l’affaire de tous, et c’est là que la différence prend tout son sens.

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