Très peu d’heures pendant le cours universitaire sont consacrées à la mise en place du jeune praticien. Et il est très difficile, sinon impossible, de trouver une formation complémentaire qui traite de cette question. Par conséquent, la valeur de « Listing » les principaux points qui doivent être vérifiés avant chaque installation. réflexion, qui peut également être d’intérêt pour les collègues déjà installés !
Entre un dentiste qui, après deux décennies ou plus, avance toujours avec enthousiasme et un autre qui compte les jours avant de raccrocher la blouse, la ligne de démarcation tient parfois à un détail : le choix initial de sa trajectoire professionnelle. Ce premier virage, souvent négligé, façonne toute la suite.
Souvent, l’installation se fait un peu au gré des opportunités. À l’occasion d’une collaboration ou d’un remplacement, le jeune dentiste, ou la jeune dentiste, car la profession se féminise, reçoit une proposition d’association ou d’achat de cabinet. Parfois, il reprend la clientèle d’un praticien sur le départ. Mais, trop souvent, aucune étude sérieuse n’a été menée, aucun chiffre n’a été comparé, aucune projection n’a été réfléchie. Le risque de désillusion plane : l’écart entre le métier rêvé et le quotidien peut vite devenir abyssal. La première règle à prendre au sérieux, bien avant d’acheter du matériel ou de signer un bail, c’est de définir la vie que l’on souhaite vraiment mener.
Loi 1 : « CHOISISSEZ VOTRE VIE ! »
La question peut sembler étrange au premier abord, elle est en réalité décisive. Deux principes sont à l’œuvre :
PRO-ACTIVITÉ
Prendre les devants, c’est refuser de se contenter de réagir quand il est trop tard. La pro-activité consiste à anticiper, à analyser tous les paramètres pour garantir la réussite de son cabinet, plutôt que de foncer tête baissée sur une intuition ou une opportunité séduisante.
L’EFFET PYGMALION : « Il arrive ce que nous croyons »
Croire en ses capacités à bâtir le cabinet qui vous ressemble, c’est déjà s’en donner les moyens. Toute réussite commence par une vision claire. Couché sur le papier, le projet prend forme, et la motivation suit.
Loi 2 : « Choisir le bon cadre »
Quel exercice souhaitez-vous vraiment pratiquer ? Cabinet pour enfants ou adultes, solo ou collectif, secteur libéral ou mutualiste, centre-ville ou zone rurale ? Le choix est vaste, et il doit avant tout coller à votre projet de vie. Modifier l’organisation après coup s’avère souvent difficile, voire impossible. Même réflexion pour l’architecture des locaux : ce lieu sera, pour des années, votre quotidien.
Créer, s’associer ou reprendre un cabinet ?
Chaque option a ses exigences et ses pièges. Voici quelques repères pour y voir plus clair :
- Créer son cabinet demande du temps, de l’énergie et une planification détaillée. La première année, en particulier, met la trésorerie à l’épreuve. Il est impératif d’intégrer votre niveau de vie personnel dans le plan de financement.
- L’association limite les risques financiers, mais l’entente n’est jamais garantie. Préparez-vous à négocier et à composer avec des divergences de vues. Une période d’essai de 12 à 18 mois avant l’association reste une sage précaution.
- Quant à la reprise, elle séduit par l’offre abondante liée à la démographie des praticiens. Mais la clientèle, attachée à ses habitudes, peut se montrer réticente, et les méthodes du prédécesseur diffèrent parfois radicalement. Attendez-vous à perdre jusqu’à 30 % de patients lors d’un rachat de cabinet.
DROIT 3 : CHOISIR VOS PARTENAIRES
Un cabinet ne se construit pas seul. Aujourd’hui, chaque praticien s’entoure de partenaires, chacun maître dans son domaine. Ce réseau est un atout majeur pour avancer sereinement. Voici le tour d’horizon des acteurs incontournables :
LE BANQUIER
Les jeunes praticiens intéressent particulièrement les banques. Considérez-vous comme un client exigeant, prêt à comparer et à négocier. N’hésitez pas à confronter plusieurs établissements, même si vous entretenez une relation de confiance avec votre banquier historique.
L’AVOCAT
Pour toute question juridique liée à la création ou à la gestion du cabinet, l’expertise d’un avocat spécialisé protège de bien des déboires. Les honoraires engagés sont vite rentabilisés en évitant des litiges coûteux.
L’EXPERT-COMPTABLE
Ce conseiller de l’ombre est un guide précieux pour choisir la meilleure solution de financement, qu’il s’agisse de crédit, de crédit-bail, d’achat ou de location.
L’ARCHITECTE
Investir dans les conseils d’un architecte spécialisé, c’est gagner du temps, éviter les erreurs classiques et s’assurer un cabinet fonctionnel. Ce professionnel vous fait gagner en efficacité et en sérénité.
LE FOURNISSEUR DE MATÉRIEL
Ce partenaire intervient dès l’installation, mais son rôle perdure bien au-delà. Faut-il travailler avec un ou plusieurs dépôts dentaires ? Opter pour des sociétés de vente à distance ? Les réponses dépendront de la relation que vous entretenez avec ces acteurs. Devenir un client fidèle ouvre souvent la porte à des conditions avantageuses.
LE PROTHÉSISTE
Ce choix, trop souvent négligé, est pourtant structurant. Commencer avec un laboratoire fiable crée des bases solides. Multipliez les rencontres avant de choisir. La tentation de céder à la facilité ou à des compromis douteux finit toujours par se retourner contre le praticien.
LE CONSEILLER EN ORGANISATION
Un spécialiste de l’organisation vous fera gagner un temps précieux et vous évitera bien des tâtonnements. Dans les moments de doute, son expérience rassure et éclaire vos décisions à venir.
Loi 4 : CHOISIR VOTRE ÉQUIPE
Travailler seul ou avec un soutien ? Lors d’une reprise, il est judicieux de conserver l’assistant ou l’assistante déjà en place, qui connaît les patients et les habitudes. Pour une création, beaucoup débutent seuls, mais cette transition doit être temporaire. Dès que le nombre de patients le justifie, le soutien d’un(e) assistant(e) allège la charge et favorise la croissance.
Loi 5 : Développer le potentiel de votre patientèle
Ce chapitre mériterait à lui seul un ouvrage complet. Pourtant, quelques principes suffisent déjà à faire la différence.
Au lancement, il est vital de signaler votre présence. Soignez vos horaires d’ouverture, impliquez-vous dans le quartier. Ces détails façonnent la visibilité du cabinet.
Les patients choisissent leur dentiste sur deux critères : l’emplacement et la réputation. Concentrons-nous sur ce dernier point. La réputation ne repose pas sur du vent : elle découle de l’attitude, du style, de la présentation et des gestes du praticien et de son équipe. En filigrane, chaque patient s’interroge : « Cette personne me porte-t-elle une réelle attention ? » Cette perception joue un rôle déterminant et influence directement le bouche-à-oreille. Offrir des soins de qualité et montrer de l’attention, voilà ce qui bâtit une réputation solide et durable.
Conclusion
Cet article ne prétend pas explorer chaque facette de l’installation. Certains aspects techniques, architecturaux ou ergonomiques ont été volontairement laissés de côté. Mais respecter ces règles de base limite les faux pas dont on paie le prix pendant des années. Il ne reste qu’à retrousser ses manches et se lancer, sans attendre le signal parfait. La route est longue, mais c’est elle qui construit la différence.


