Malade de fatigue : les critères du syndrome de fatigue chronique

On peut être malade de fatigue au sens médical du terme. Une fatigue qui perturbe la vie quotidienne pendant plus de six mois, ne passe pas avec le repos et reste sans autre explication relève d’une maladie à part entière, le syndrome de fatigue chronique, aussi appelé encéphalomyélite myalgique. Cet article donne les repères de durée, les critères retenus et la démarche du médecin.

Fatigue passagère, prolongée ou chronique : ce que dit la durée

Le Manuel MSD classe la fatigue selon son ancienneté. Elle est récente quand elle dure moins d’un mois, prolongée entre un et six mois, et chronique au-delà de six mois.

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Ces seuils changent l’attention du médecin. Une fatigue récente suit souvent un surmenage, une infection ou un manque de sommeil, et disparaît avec le repos. Une fatigue qui s’installe demande un bilan.

La fatigue chronique est courante : environ 25 % des adultes américains en déclarent une, d’après le Manuel MSD. Seuls 0,5 % remplissent les critères du syndrome de fatigue chronique. Tomber malade de fatigue ne signifie donc pas, dans la grande majorité des cas, avoir cette maladie précise.

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Quand la fatigue est le symptôme d’une autre maladie

Avant de parler de syndrome de fatigue chronique, le médecin cherche une cause. Anémie, trouble de la thyroïde, diabète, infection ou dépression figurent parmi les pistes explorées en premier. Le sujet est détaillé dans notre article sur les maladies qui provoquent une fatigue intense.

Le Manuel MSD note aussi qu’une cause est plus probable quand la fatigue s’accompagne d’autres symptômes, comme une douleur ou une faiblesse musculaire.

Médecin qui écoute une patiente lors d'une consultation

Les critères du syndrome de fatigue chronique

Le Manuel MSD reprend les critères de l’Institute of Medicine (2015). Trois signes doivent être réunis :

  • une baisse nette de l’activité par rapport à l’état antérieur, avec une fatigue profonde apparue récemment, durant plus de six mois, qui n’est pas due à un effort excessif et que le repos ne soulage pas vraiment ;
  • un malaise post-effort, c’est-à-dire une aggravation des symptômes après un effort physique ou mental, parfois plusieurs heures ou jours plus tard ;
  • un sommeil non réparateur, qui ne redonne pas d’énergie même après une nuit complète.

Il faut y ajouter au moins un autre signe : des troubles cognitifs (difficultés de concentration ou de mémoire) ou une intolérance orthostatique, soit des symptômes qui apparaissent en position debout.

La fréquence et l’intensité comptent. Si les symptômes ne sont pas présents au moins la moitié du temps à un niveau modéré ou plus, le diagnostic doit être reconsidéré.

La dépression peut aussi provoquer une fatigue durable, et le Manuel MSD la cite parmi les causes à rechercher. Le malaise post-effort et l’intolérance orthostatique font surtout la différence avec elle.

Comment le médecin pose le diagnostic

Il n’existe pas de test spécifique. Le diagnostic repose sur l’histoire des symptômes, un examen clinique normal et des analyses de base normales. C’est un diagnostic d’exclusion : on écarte d’abord les autres causes.

Le bilan de base comprend une numération formule sanguine, un ionogramme, la créatinine, la vitesse de sédimentation et la TSH. D’autres examens, comme une radiographie du thorax ou une étude du sommeil, ne sont demandés que si la clinique le justifie.

Le Manuel MSD déconseille les sérologies d’infection, la recherche d’anticorps antinucléaires et l’imagerie cérébrale sans signe objectif : la probabilité de trouver quelque chose est faible, et les faux positifs sont fréquents. Le médecin traitant coordonne le plus souvent le parcours, avec un avis spécialisé si besoin.

Une fatigue visible n’est pas un diagnostic

Un visage marqué ou un amaigrissement apparent ne permettent pas de conclure à une maladie grave. Seul un médecin, après examen, peut poser un diagnostic.

C’est pourtant sur ces apparences que naissent des rumeurs autour de personnalités publiques, comme la rumeur sur la santé d’Alain Bauer ou les interviews de Gaëtan Roussel au sujet de sa santé. Une fatigue observée de l’extérieur ne dit rien de sa cause.

Vivre avec la maladie et faire reconnaître son état

Le premier pas du traitement est de reconnaître que la maladie est réelle. Le Manuel MSD indique que les thérapies cognitivo-comportementales et l’exercice progressif aident certains patients, mais que les études sont contradictoires. L’exercice doit rester limité pour éviter une rechute.

Les symptômes associés se traitent un par un : hygiène du sommeil, prise en charge de la douleur, traitement d’une hypotension orthostatique si elle existe. Le Manuel MSD déconseille les traitements non prouvés, comme les antiviraux, les immunosuppresseurs ou les régimes d’élimination.

Personne qui se repose dans un fauteuil près d'une fenêtre

Le pronostic est nuancé : la plupart des patients s’améliorent avec le temps, en général sur plusieurs années et souvent en partie seulement. Un diagnostic précoce peut améliorer l’évolution.

Au travail, le médecin peut prescrire un arrêt de travail et évoquer un aménagement du poste ou du temps de travail. Pour une fatigue qui dure, la reconnaissance du handicap passe par un dossier auprès de la MDPH, à préparer avec le médecin traitant.

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